Navire en péril-équipage à son poste?
Les entrepreneurs qui ont vécu des difficultés financières vous diront qu’en ces circonstances, la situation s’apparente à ce que peut vivre un capitaine dont le navire est en péril.
Pour une entreprise, il importe dans un premier temps de « colmater les fuites » : gérer les liquidités d’une façon très serrée et de rechercher par tous les moyens des sources de financement telles :
Þ Un emprunt additionnel auprès des prêteurs existants ou d’une nouvelle institution;
Þ Un support accru des fournisseurs de biens et services;
Þ La vente d’éléments d’actif excédentaires ou de divisions;
Þ Un investissement en capital de la part des actionnaires existants ou de nouveaux partenaires privés ou institutionnels.
Parallèlement, la situation exige « un coup de barre contrôlé» : un redressement opérationnel qui remettra en question :
Þ La mission de l’entreprise et ses objectifs;
Þ La gamme des produits et services offerts;
Þ Les marchés visés;
Þ Le style de gestion et les compétences des membres de l’organisation;
Þ Le niveau des dépenses;
Þ Les modes d’opération : processus, équipement, etc.
Au cours du processus de redressement de l’entreprise (voir sauvetage) un élément est toutefois essentiel : le support continu des employés à tous les niveaux de l’organisation.
Ces éléments ne sont pas nouveaux et demeureront des préoccupations pour les gestionnaires qui auront à traverser des difficultés un jour.
Qu’est-ce qui a changé?
Les entreprises qui ont vécu des difficultés financières au cours des vingt dernières années ont généralement réussi à obtenir le support de leurs employés puisque ces derniers étaient désireux de « sauver leur job ». Jusqu’au milieu des années ’90, il n’était pas rare de voir des coupures de salaires généralisées comme éléments d’un plan de redressement. Sauf exception, cette époque est de toute évidence révolue.
Depuis plusieurs années, nous entendons parler de l’arrivée des « baby boomers » à la retraite et de l’impact de ce phénomène sur le bassin de main d’oeuvre disponible et qualifiée dans toutes les sphères d’activités. Actuellement, dans la région de Québec, nous observons des taux de chômage en baisse. Plusieurs entreprises affichent même leur besoin criant : « Nous embauchons !». La rareté de main d’oeuvre disponible est devenue une réalité d’aujourd’hui et non plus une vision à moyen et long terme.
Il faut donc s’attendre à ce que les employés des entreprises en difficulté deviennent moins vulnérables et davantage confiants de pouvoir trouver du travail ailleurs de façon quasi instantanée. Donc, il ne s’agit plus d’obtenir leur support pour « sauver leur job » mais pour « sauver l’entreprise ».
Pour ce faire, le sentiment d’engagement devra avoir été « cultivé » bien avant que l’entreprise devienne en difficulté. Les moyens ?
Þ Une gestion participative;
Þ Une politique motivante de promotion;
Þ Des plans de carrière personnalisés;
Þ Des programmes d’avantages sociaux intéressants;
Þ Des programmes de participation à l’actionnariat, etc.
Les entrepreneurs qui auront pris ces choses à la légère et qui feront face à une situation difficile n’auront qu’à espérer la pitié des employés comme le capitaine insouciant qui supplie son équipage de ne pas abandonner le navire en péril.